Loup officiellement déclassé en France      InformationsFaune

 

Le Loup officiellement déclassé en France  (08Juin2009)

Source de l' Article : http://www.univers-nature.com

Depuis qu’il a fait sa réapparition en France en 1992, le loup, espèce tant emblématique que polémique, est en progression. Recolonisant d’abord l’arc alpin, ce splendide canidé a récemment rejoint le Cantal et les Pyrénées et, pour 2009, l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) estime à 180 le nombre de loups, répartis en 19 meutes sur le territoire national. D’après le ministère de l’écologie, les effectifs minimums observés ont augmenté de 20 % depuis l’hiver 2007. Devant la reconstitution des populations, le statut de ce grand prédateur a changé aux yeux des autorités. Espèce encore considérée comme très vulnérable en 1999, le loup vient d’être déclassé de la liste des espèces menacées d’extinction par arrêté ministériel du 27 mai 2009. Bien que bénéficiant toujours d’un statut de protection intégral, les dérogations pour les abattre seront désormais délivrées par les préfets de département.
Les modalités pour autoriser les tirs ont été publiées au journal officiel le 5 juin. Il en ressort une plus grande marge de manœuvre à l’échelle locale. Les préfets pourront autoriser les agents de l’ONCFS, mais également les éleveurs, à titre individuel, à supprimer des loups afin de prévenir des dommages sur les troupeaux, d’après le texte officiel, « dans la mesure où il n’existe pas d’autre solution satisfaisante » (protection des troupeaux et recours à l’effarouchement, N.D.L.R.). Le cadrage national fixe également à 8 le nombre maximum de loup dont la destruction pourra être autorisée pour cette année. Néanmoins ce plafond peut toujours être révisé, en fonction des dégâts occasionnés et sur avis du Conseil national de la protection de la nature.
France Nature Environnement juge les nouvelles dispositions de cet arrêté « inacceptables » et comme chez nos voisins américains, lorsque l’espèce fut déclassée pour les mêmes raisons, les associations de protection de la nature restent méfiantes. L’association Ferus déclarait par ailleurs en avril dernier que les discussions sur le cadre légal des abattages de loups étaient bien inutiles tant que les cas de braconnage se multipliaient. Des dérives sont toujours à craindre. En fonction des comportements de chacun, cette prochaine saison d’estive nous montrera si nous avons appris ou non à vivre avec le loup.
 

Elisabeth Leciak